Roland D’Ieteren nous a quitté ce jeudi 10 décembre 2020 à l’âge de 78 ans, victime du covid qui l’a terrassé après cinq semaines de coma.
Les journaux économiques évoqueront sa formation d’ingénieur commercial diplômé de Solvay et ancien de l’Insead, ses débuts chez Volkswagen Mexique puis son arrivée à la tête de la société familiale en 1973, suite au décès de son père. Il poursuivra l’œuvre de cinq générations au sein d’une des plus ancienne société de Belgique. Acteur très important du monde automobile, importateur et distributeur en Belgique des marques VW, Audi, Skoda, Seat, Porsche, Bentley, Lamborghini, Bugatti, Yamaha, il avait donné une dimension internationale au groupe via Avis Europe, CarGlass, Moleskine et Touring Superleggera.
Les revues mondaines parleront plutôt de son élévation au titre de baron en 2009 ou de sa fortune estimée à plus d’1,1 milliard qui le plaçait à la 26e place parmi les belges les plus nantis, mais pour nous il était avant tout un grand passionné…
Je me souviens d’une conversation de 1982 où nous évoquions nos voitures de jeunesse, ce qui nous avait mené dans les caves de la rue du Mail, où dans un petit réduit protégé par une barrière de chantier se trouvaient une Citroën Trèfle, deux VW 1500, une Coccinelle et un peu plus loin, les deux Neretti qu’il avait conçues en tant que jeune styliste dans les années ‘60. Il m’avait confié alors qu’il aimerait réunir un exemplaire des différents véhicules commercialisés par la maison D’Ieteren et les exposer. Je trouvais l’idée sympa sans imaginer une seule seconde l’ampleur que prendrait la Galerie et sa collection privée !
J’entends d’ici les esprits chagrins dire qu’il « suffit » d’avoir les moyens, mais je pense qu’il faut aussi parler de sa grande modestie et de son énorme générosité envers les acteurs de l’automobile ancienne et du monde caritatif en général. Son soutien à Autoworld, au Knokke Rallye, au Circuit des Ardennes, au Star Rallye était énorme, tant financièrement parlant que par le prêt de nombreuses voitures, toutes en parfait état de marche, chose exceptionnelle… J’ai pris la photo en haut de l’article à Autoworld lors de la magnifique exposition consacrée aux voitures italiennes où il s’était largement impliqué. Sur le principe de l’arroseur arrosé, nous nous étions photographiés mutuellement et pour ma part, c’est ce sourire que je garderai de ce grand Monsieur…
Photos: Jacques Bougnet/D’Ieteren/Robert Laboureur
Bonjour Jacques et tous mes meilleurs voeux.
Les Studebaker distribuées dans le réseau avec les Volkswagen et les Porsche étaient-elles montées en Belgique ou seulement importées par D’Ieteren? Merci d’avance.
Bonjour Alain,
Merci pour tes voeux que je réciproque avec plaisir.
De mémoire, je pense que des camions et voitures Studebaker ont été assemblés dans les installations de D’Ieteren à Forêt à partir de 1949.
Les Porsche 356 cabriolets ont été sous-traitées chez différents carrossiers tels que Reutter, Karmann et plusieurs autres dont D’Ieteren qui en aurait assemblé 724 en 1960 et 1961. Tu trouveras plus de détails et la photo d’une 356 belge dans l’article que nous avons consacré au 70 ans de la 356 à Autoworld.
Amicalement, Jacques
Bonsoir Jacques et merci pour toutes ces précisions.
Je me souviens avoir été surpris lors de mon arrivée à Mons en 1960 de voir les trois enseignes sur le même garage Lechantre à deux pas de chez moi alors qu’il n’y avait que des VW dans le showroom. Le patron roulait en Studebaker AVANTI, quand-même… Un marchand de charbon utilisait un camion Studebaker et on croisait quelques voitures de cette marque.
Quelques années plus tôt j’avais eu le privilège d’être le passager d’une Porsche 356 de couleur sable et capote brune, si ma mémoire est bonne. Cette voiture ne courait pas les rues et, au risque de faire hurler les fans de cette Porsche devenue mythique, elle « sonnait » un peu Cox!
Bien à toi.
Alain