Chaque année, le Goodwood Revival débute par un grand défilé sur un thème précis. C’est ainsi qu’en 2025 la piste avait été envahie par des VW Type 2 sous toutes leurs déclinaisons, de la camionnette de pompiers aux ambulances, en passant par des véhicules de marchands de glaces. Cette année 2026 sera consacrée à la Vespa qui, pour ses 80 ans, importera un peu de Dolce Vita sur le circuit anglais. Mais pour arriver à Goodwood en sachant de quoi on parle, replongeons-nous dans l’étonnante histoire de la petite guêpe…

L’histoire commence à Gênes en 1884 lorsqu’à l’âge de vingt ans, Rinaldo Piaggio fonde l’entreprise qui porte son nom. Elle se développe rapidement et fabriquera des bateaux, des trains, des trams, des camions et même des avions, dont le quadrimoteur Piaggio P108 qui sera un succès tant dans l’aviation civile que militaire lors de la seconde guerre mondiale. Les usines seront bien évidemment bombardées par les alliés qui ne laisseront que des ruines.

La guerre finie, les deux fils de Rinaldo, Enrico et Armando tentent de relancer les activités, mais tout comme BMW ils leur est interdit de toucher à l’aviation, ils devront donc aussi repartir à zéro ou presque. Piaggio se tourne alors vers de petites motos inspirées de celles larguées avec les parachutistes, mais sans grand succès.
Enrico Piaggio rêve d’un véhicule économique et pratique, capable de mettre sur roues l’Italie des années ’50. Il demande à Corradino D’Ascanio, un ingénieur aéronautique, de se charger du dessin. Etranger au monde de la moto il innovera en montant le moteur et la boîte directement sur la roue arrière ce qui dégage un espace plat pour les jambes. L’engin est simple, facile à conduire et à entretenir et le fait de ne pas devoir enjamber un cadre le rend utilisable par un homme comme par une femme, sans se salir. Devant le premier prototype, Enrico Piaggio s’esclaffe « on dirait une guêpe! ». « Vespa » en italien. L’engin vient de trouver son nom, il trouvera vite son public !

La Vespa étonne, le carnet de commande se remplit petit à petit, les prix de 55.000 lires pour la version normale et de 61.000 lires pour la « luxe », avec béquille, flancs blancs et compteur de vitesse étant plutôt attractifs. Piaggio crée lui-même des clubs Vespa et tire une énorme popularité de films tels que « Vacances Romaines » en 1953 et « La Dolce Vita » en 1960. Toutes les grandes vedettes ont roulé en Vespa et de jolies filles ne sont jamais bien loin. Une publicité magnifiquement orchestrée en fait le symbole de la jeunesse et de la liberté, une image inestimable qui lui vaut un succès phénoménal ! Du side-car au triporteur, les versions foisonnent et dès 1950, des usines se créent en Allemagne, en Grande-Bretagne, en France, en Espagne, en Belgique. La Vespa sera bientôt montée dans 13 pays, en Inde comme au Brésil et sera vendue dans 114 pays ! La Vespa passe le cap du million d’exemplaires en 1956 et dépasser maintenant les 16 millions. En Italie, plus de 3.350.000 exemplaires ont été vendus, soit une Vespa pour 5 habitants!

Le moteur de la Vespa de 98cc augmentera avec le temps et se modernisera en adoptant entre autre l’injection électronique, des freins à double disque, l’ABS. L’image et les prix ne cesseront d’évoluer mais 80 ans après son lancement, la Vespa trouve encore chaque année environ 90.000 acheteurs. C’est peut-être la version 50cc, qui ne demande pas d’immatriculation dans la plupart des pays, qui reste la plus proche de l’idée de génie d’Enrico Piaggio.




