Autoworld consacre son exposition de l’été à la 356, première Porsche à porter l’écusson devenu depuis célèbre. Le public pourra admirer de nombreuses versions de la 356, dont les différentes versions pré-A, A, B, C (sous leurs déclinaison Speedster, Cabrio et Coupé) mais aussi la Denzel, la Zagato, la Hardtop Karmann, la D’Ieteren Roadster, la Carrera GT, la Carrera Abarth ou encore la Polizei.
Un peu d’histoire…
C’est pendant la guerre que « Ferry » Porsche et une poignée de fidèles commencent à développer la 356 dans une ancienne scierie de Gmünd, en Autriche. Les premiers croquis sont terminés le 17 juillet 1947 et le 8 juin suivant, le gouvernement de Carinthie délivre un permis spécial pour l’homologation de la voiture. Sur la cinquantaine d’exemplaires fabriqués à Gmünd, seuls huit sont des cabriolets dont six seront sous-traités par Beutler et deux par la Karosseriefabrik Ferdinand Keibl de Vienne qui produira, d’après les plans d’usine, un cabriolet complètement différent à deux exemplaires seulement.
En 1950, la production déménage à Stuttgart. Le 15 juin de cette même année, la célèbre pilote de rallye suédoise Cecilia Koskull remporte le Midnattsssollrlally Ce fut la première victoire internationale pour Porsche, une victoire qui sera suivie par beaucoup d’autres.
La 356 se décline alors en générations A, B et C, Speedster, Roadster, Knickscheibe, Carrera… et des carrossiers comme Zagato, Denzel, Reutter, Karmann, Drauz et D’Ieteren lui donnent parfois des lignes personnalisées.
La toute première 356 (aussi appelée « pré-A ») se reconnaît à son pare-brise en deux parties. Il sera remplacé en 1952 par un pare-brise d’une seule pièce. La 356 cède la place à la 356 A en 1956. Les clignotants avant sont toujours intégrés dans la grille de klaxon et tous les modèles possèdent une poignée de capot avant modifiée intégrant l’emblème Porsche. À partir de mars 1957, les feux arrière sont ovales. La production des modèles 1300 prend fin en 1958
Dès 1960, la 356 A fait place à une 356 B entièrement redessinée. La principale différence visuelle entre la série B et le modèle précédent est un pare-chocs avant doté de rosaces plus grandes et de phares positionnés beaucoup plus haut. Les grilles de klaxon à côté des clignotants, plus proéminents qu’auparavant, sont plus plates et ornées de deux bandes chromées. Le bas de la poignée du capot avant est également plus large. Les deux feux qui éclairent la plaque d’immatriculation sont intégrés dans le pare-chocs arrière, positionné plus haut que sur le modèle précédent, tandis que le feu de recul est monté sous le pare-chocs.
La 356 C remplace la 356 B à partir de 1964. Le nombre de motorisations est réduit à trois ; la version 60 ch disparaît au profit du bloc de 75 ch. Visuellement, la série C et la série B se ressemblent beaucoup. La dernière Porsche 356 C est livrée en mai 1966.
Aux Etats-Unis, l’importateur Max Hoffman est convaincu qu’une version moins chère et sportive de la 356 standard se vendrait bien en Amérique. Avec son pare-brise bas et incliné, ses sièges baquets et sa capote souple rabattable minimaliste, la Porsche 356 Speedster connaît un succès immédiat. Le Speedster s’inspire en fait du roadster America, un modèle peu populaire construit par Glaser. Hoffman espère ainsi proposer la voiture au prix de 3000$. Peu prisés en Europe, les Speedster ont reçu un bon accueil aux Etats-Unis. A la livraison du 4ème dernier exemplaire en 1958, il s’en était déjà vendu plus de 4000, dont 1234 Pré-A et 2910 A.
Ce n’est qu’après l’arrivée de la 911, en 1963, que Porsche crée son propre atelier de carrosserie. Pour l’assemblage de la carrosserie de la 356, le constructeur fait appel à plusieurs sous-traitants, dont le Belge D’Ieteren. D’Ieteren a déjà assemblé des Coccinelle en 1954 et des Studebaker depuis 1949. En 1960 et 1961, l’entreprise produit 724 exemplaires de la Porsche 356 B Roadster, dont 300 sont encore en circulation grâce à une qualité de construction unanimement saluée. Étant destinés au marché américain, de nombreux Roadsters ont été envoyés à l’importateur Max Hoffman.
Dotée d’un corps aérodynamique en aluminium, la 356 « Carrera Abarth » a été construite par Carlo Abarth à Turin, à la demande de Ferry Porsche. Le châssis est celui d’un 356 B T5, et le capot dissimule un moteur Carrera de 1600 cc de 115 ch. Avec ses 776 kg, on est face à un vrai poids plume, grâce notamment aux sièges et aux poignées de portière en aluminium, avec au final 140 kg de moins que la 356 Carrera GT, elle aussi destinée à la compétition.
Avec ses 115 ch, la 356 Speedster Carrera GT diffère fortement des 60 ch standard. La cylindrée de 1500 cc est la même, mais le célèbre moteur Führmann à deux doubles arbres à cames ou « 4cam », reçoit un double allumage et un vilebrequin (Hirth) sur roulement à aiguilles. Les portes, le moteur, le capot du coffre et les jantes sont en aluminium plutôt qu’en acier pour la version standard.
Durant de nombreuses années, la 356 a été très prisée par la police. La 356 T6 Polizei présentée à Autoworld est l’une des six Porsche 356 d’origine de la police autoroutière allemande. Elles ont été sélectionnées pour leur maniabilité, leurs accélérations et leur vitesse de pointe élevée. Les voitures étaient équipées d’un moteur « Polizei » spécial et d’une boîte de vitesses à transmission modifiée qui permettait d’atteindre des vitesses plus élevées que la plupart des voitures de l’époque. Elles étaient équipées d’un feu clignotant bleu, d’un panneau stop, d’un système de transmission et d’un haut-parleur permettant d’intimer au contrevenant l’ordre de s’arrêter. Il ne reste que 3 exemplaires en cet état de cette version.
Crédits photos: Collection d’Ieteren / Michèle Douffet