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Le charme italien de l’entre-deux-guerres

Déposé par dans 11/04/2018 – 20 08 46 04464Pas de commentaire

Avec les septante ans de la 2cv et de la Porsche 356, la bourse d’Anvers a réussi à placer dos à dos deux « chapelles » totalement contradictoires, mais au royaume des collectionneurs on fait toujours feu de tout bois.

Evidemment, ceux-ci méritent que l’on s’y attarde, toutefois, ces jubilés très tendance ont été tellement rabâchés pour ne pas dire éculés que je risque d’être redondant avec toute la littérature qui existe déjà à ce propos.

Au gré des allées de ce salon, mon attention a été attirée par une Fiat Balilla Princesse type 508 A. Apparemment, cette humble caisse carrée ne charmait pas grand monde mais quelque chose m’intriguait : ses plaques minéralogiques belges d’avant 1953 : six chiffres sans aucune lettre.

A l’arrière, un grand « B » est disposé sur l’aile droite tandis que sur l’aile gauche, apparaissait la plaque émaillée concédée par l’Etat et pour couronner le tout, ses pneus sont de marque Englebert…

En tournant autour, j’attirai naturellement l’attention du propriétaire qui m’apprit que cette Fiat a été achetée neuve en 1932 par un médecin de Bruges. Cette voiture l’a conduit pendant une vingtaine d’année vers ses consultations. Au début des années cinquante, il s’en est séparé pour la vendre au père de l’actuel propriétaire qui, à son tour la vendit une dizaine d’années plus tard.

Mais son fils ne l’avait pas oubliée et il la racheta et décida de la laisser dans son état d’origine. Et c’est dans son jus qu’elle a figuré dans quelques films.

Son authenticité me rend même nostalgique : les ailes noires marquées par de nombreux petits coups, autant de témoins d’une vie laborieuse qui a traversé sans sourciller les années sombres de la seconde guerre mondiale.

Dans l’habitacle, le tissu des sièges n’a jamais été changé, il diffuse la même odeur à la fois poussiéreuse et mystérieuse qu’enfants, nous percevions lors de nos périples exploratoires dans le grenier de nos grands-parents. Le sol est garni de tapis en caoutchouc et un volet déroulant est prévu pour occulter la lunette arrière.

Naturellement, cette Balilla a gardé son moteur d’origine : c’est un petit quatre cylindres de 995 cm³ à soupapes latérales développant 20 ch à 3400 rpm. Cette modeste cavalerie lui permettait d’atteindre une vitesse de 80 km/h. Elle dispose d’une boîte de vitesses à trois rapports, ses freins sont hydrauliques et son équipement électrique est déjà en 12 V.  Légère, elle ne pèse que 685 kg.

Lancée en 1932 durant le XIIIème salon de Milan pour succéder à la Fiat 509, cette voiture a été immortalisée en bande dessinée par Franquin quand il l’a destinée à son antihéros Gaston Lagaffe.

De grande diffusion en Italie, elle a été fabriquée sous licence dans de nombreux pays dont notamment la France (avec Simca), en Allemagne (avec NSU), en Espagne (Fiat Hispania), en Pologne (Fiat Polski) et même en Tchécoslovaquie (Walter). En revanche, en Belgique, sa diffusion a été beaucoup plus discrète, ce qui rend cette voiture encore plus intéressante.

Elle a été fabriquée de 1932 à 1937 en plusieurs versions : en berline deux et quatre portes (sans montants central), en coupé, en spider, en torpédo, en utilitaire (petit camion et fourgonnette) mais aussi en version spécifique pour l’armée. A toutes ces versions, il faut encore ajouter les véhicules « coloniaux » dont les spécifications ont été modifiées en vue d’affronter la piste.

Au fil des ans, les caractéristiques techniques ont naturellement évolués : à partir de 1934, son moteur voit sa puissance augmenter à 24 ch et il est dorénavant accouplé à une boîte de vitesses à quatre rapports dont les troisième et quatrième sont synchronisés. Appelée 508 B, elle fait moins « caisse carrée » que sa devancière. Sa grille de calandre et son pare-brise s’inclinent doucement pour suivre la mode.

Sa consommation est estimée entre 8 et 9 litres aux cent et son réservoir contient 26 litres. Apparemment 112.000 exemplaires ont été produits durant cette période. Parmi elles, un peu moins de 26.500 ont été montées par Simca dans son usine de Nanterre en France.

L’ultime évolution de la 508, la 508 C surnommée « Nuova Balilla 1100 » présentée en 1937 et fabriquée en 57.000 exemplaires jusqu’en 1939 diffère de sa devancière sur beaucoup de points dont notamment un moteur de 1089 cm³ de 30 ch à 4400 rpm, une carrosserie plus élancée et nettement plus fluide. Une version longue appelée 508 L pour « Lungo » est aussi apparue en 1938. Cette ultime évolution servira de charnière avec le nouveau modèle qui sera dévoilée en 1939 : la Fiat 1100, mais ceci est une autre histoire…

Pour en savoir plus : http://www.balillaregistroitaliano.it/index.html

Benoît Piette

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