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1913 : Un « car Jacking » bien avant que le mot n'existe ! | Auto-Satisfaction
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1913 : Un « car Jacking » bien avant que le mot n’existe !

Déposé par dans 03/12/2015 – 3 03 13 121312Pas de commentaire

Voici un article paru dans le Figaro du 21 mai 1913, relatant de sinistres exploits. On y retrouve un voleur, assassin… belge !

1Un crime qui rappelle les exploits de la sinistre bande Bonnot et Garnier, s'est produit hier, à quelques kilomètres de Paris, sur la route de Pontoise. Pour s'emparer d'une automobile, un bandit a tenté d'assassiner celui qui la conduisait.
Voici les faits: lundi matin, un jeune homme vêtu d'un élégant costume de touriste, veste grise avec martingale, guêtres molletières et coiffé d'une casquette grise, se présentait 27 boulevard des Italiens, à la maison de vente d'automobiles Chenard et Walcker. Reçu par M. Dardenne, ingénieur, qui dirige cette maison de vente, il dit se nommer Léopold Lancien, de passage à Paris, descendu à hôtel de l'Europe, 74 boulevard de Strasbourg.
« J'arrive - dit-il - de Bruxelles, à motocyclette avec ma femme, pour acheter une voiture d'occasion, mais presque neuve et ayant bon aspect. Voulez-vous m'en montrer quelques-unes? »
M. Dardenne le fit monter dans son automobile et le conduisit à Gennevilliers, rue du Moulin-de-la-Tour, où se trouve l'usine. Après avoir examiné plusieurs voitures, le prétendu Lancien dit qu'il voulait réfléchir et qu'il reviendrait à quatre heures.
A deux heures et demie, il reparaissait boulevard des Italiens et disait: « L'auto dans laquelle vous m'avez conduit ferait bien mon affaire. Voulez-vous me la vendre? »
M. Dardenne y consentit et il fut convenu que cette voiture, une torpédo de quinze chevaux, capote et armature de cuivre, portant le n° 621-U-O, serait cédée au prix de 8500 francs.
« Seulement, ajouta l'acheteur, il faut savoir si elle est aussi bonne que belle et il y a un moyen bien simple de s'en assurer, c'est de l'essayer sur la roule de Marly que je connais bien et qui est très difficile ».
2 M. Dardenne y consentit. Il se mit au volant et on alla à Saint-Nom-la-Bretèche. Puis on revint à Paris.
« Venez donc à mon hôtel, dit Lancien. Je vous remettrai un acompte de 2000 francs ». Mais, arrivé boulevard de Strasbourg, il se ravisa.
« Réflexion faite, dit-il, ce n'est pas la peine, je vous réglerai le tout demain ».
Hier matin, à neuf heures, le jeune homme se présentait de nouveau au magasin. « J'ai un oncle à Senlis, expliqua-t-il, allons le trouver, c'est lui qui me donnera l'argent »
M. Dardenne s'installa sur le siège et on partit. A trois kilomètres avant Louvres, au village de Villeron, Lancien demanda encore à descendre. L'ingénieur arrêta.
Il était environ dix heures, M. Dardenne était appuyé sur son volant, lorsqu'il entendit un premier coup de feu et ressentit le choc d'une balle sur l'omoplate droite; l'individu tirait derrière lui à gauche contre la voiture.
M. Dardenne bondit de son siège et sauta hors de la voiture. II vit l'homme qui, un browning dans chaque main, tirait, les bras appuyés sur les hanches.
M. Dardenne, qui est un homme de trente-deux ans, solide et courageux, marcha sur son agresseur qui continuait à tirer sans arrêt. Atteint d'abord à la main droite puis en pleine poitrine par plusieurs projectiles, l'ingénieur tomba.
Pendant que M. Dardenne s'affaissait sur le sol, l'assassin remontait dans l'automobile, virait et reprenait la roule de Paris.
3 Avec une énergie incroyable, l'ingénieur se releva se traina sur le bord de la route, sortit un carnet de sa poche et commença à rédiger son testament. Mais les forces lui firent défaut. Il perdit connaissance.
Au bruit des détonations, des ouvriers de la raffinerie de sucre Fantauzzy, qui est voisine, étaient accourus. Ils relevèrent M. Dardenne et le transportèrent dans la sucrerie où il reçut les premiers soins. Puis on téléphona à Paris, et une voiture d'ambulance vint le prendre pour le conduire à la maison de santé Velpeau, dirigée par le docteur Bonnet, 7, rue de de la Chaise. Là, le professeur Delbet a radiographié le blessé, afin de se rendre compte de la situation des projectiles et de la possibilité d'extraction.
Le blessé ayant pu raconter ce qui lui était arrivé et donner l'adresse de son meurtrier, hôtel de l'Europe, le service de la Sûreté s'y est rendu. Mais il était déjà trop tard. Le prétendu Lancien avait eu le temps de revenir. II était monté à sa chambre, où l'attendait la femme, avec laquelle il habitait. Il y avait fait un paquet de son linge, de quelques vêtements et de divers papiers. Puis, emmenant avec lui la femme, il était reparti dans l'automobile volée.
II était à ce moment midi moins le quart. A midi, les inspecteurs de la Sûreté, sur les indications du blessé, arrivaient. Ils n'avaient manqué l'assassin que d'un quart d'heure.
4L'assassin s'était fait inscrire à l'hôtel sous le nom de Léopold Lancien, voyageur de commerce, arrivant de Bruxelles. D'après certains renseignements, on a lieu de croire que son vrai nom est Duvignon, et qu'il est déserteur de l'armée belge. Il a laissé à l'hôtel un uniforme complet de cavalier du régiment des guides, y compris le sabre.
Voici son signalement: taille, 1 m.70 ; blond, figure ovale, imberbe, portant binocle. Il lui manque des dents sur le devant.
La femme qui était avec lui peut avoir 1m.68. Elle a vingt-cinq à vingt-sept ans. Elle était vêtue d'un complet tailleur à carreaux noirs et blancs, coiffée d'un chapeau de paille avec voilette blanche.
Les inspecteurs de la Sûreté Rollet et Taddei s'occupent de l'affaire à Paris. M. Dautel, commissaire spécial de la Sûreté générale et l'inspecteur Protche font une enquête à Louvres et à Pontoise.

Par Jean de Paris. 1913

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