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Nom de Zeus, on y est !

Déposé par dans 24/10/2015 – 1 01 00 100010Pas de commentaire

1Mercredi 21 octobre 2015, 16h29. La DeLorean du Dr Emmett Brown (Christopher Lloyd), accompagné du jeune Marty Mc Fly (Michael J. Fox) et de sa petite amie Jennifer Parker (Elisabeth Shue) apparait dans le ciel de Hill Valley, une ville imaginaire de Californie, au terme d’un saut de 30 ans dans le temps.
1989. Installé confortablement au cinéma, vous êtes en train de regarder le début de « Retour vers le futur 2 », un film d’anticipation 2de Robert Zemeckis. Nos héros débarquent en 2015 dans un monde où les voitures et les skateboards volent, où les baskets se lacent tout seuls et où les gens portent des accoutrements bizarres. Chaque objet, chaque comportement a été imaginé pour décrire le quotidien de 2015.
Trente ans après cette date inventée par les scénaristes, de nombreux fans commémorent ce jour en faisant le tri entre les bonnes et les mauvaises prédictions.

3Pour nous, c’est l’occasion de nous pencher sur cette voiture qui, si elle ne vole pas, semble bien traverser le temps…
Rêve de John Zachary DeLorean, elle deviendra son cauchemar. Fils d’un immigré roumain et d’une immigrée hongroise né en 1925, ce brillant élève dont les études sont interrompues par la guerre, cumule les diplômes du Lawrence Institute of Technology, de la Chrysler Institute et de l’université du Michigan. Il entre comme ingénieur chez Chrysler puis chez Packard, il s’épanouit à la Général Motor où il travaille au développement de sportives, dont la Pontiac GTO et la Gran Prix. Il relève Chevrolet en difficulté et lui fera même passer le cap historique des trois millions de véhicules par an. Il devient vice-président de la GM en 1972. Mais son rêve est ailleurs, il quitte le groupe en avril 1973 pour créer la « DeLorean Motor Company » qui produira « sa » voiture.5
Diverses collaborations sont envisagées entre autre avec Chevrolet et Porsche et finalement le projet prend forme avec beaucoup de retard : William Collins, son compère chez Pontiac, est responsable du projet, Colin Chapman, patron de Lotus, réalise le châssis et les suspensions et Giorgetto Giugiaro, patron d’ital Design signe la carrosserie. Citroën rechignant à produire son Wankel en masse, il se tourne vers le moteur PRV homologué aux normes US pour la Peugeot 604.
6La DMC-12, connue sous le nom de « DeLorean » puisqu’il n’y aura qu’un seul modèle, se singularise par sa carrosserie en fibre de verre doublée de panneaux en acier inoxydable, ses pare-chocs à absorbions, son châssis déformable en double Y à suspension indépendante, ses portes papillons et son moteur arrière V6 de 2849cc alimenté par le système d’injection Bosch K Jetronic. On notera que le diamètre des roues avant est inférieur d’un pouce à celui des roues arrière…
7DeLorean a besoin d’énormément d’argent pour financer le projet, et même s’il demande à chaque revendeur une avance de 25.000$, c’est de l’état que devra venir le financement principal. Après avoir prospecté au Texas et à Puerto Rico, c’est finalement une usine toute neuve, implantée en Irlande du Nord, à Dunmurry dans la banlieue de Belfast qui produira la voiture. La marque est largement subsidiée par le gouvernement de sa majesté qui voit là une possibilité de calmer les tensions en réduisant le chômage local.8
Le développement prend beaucoup plus de temps que prévu, retard dû entre autre de l’abandon du châssis synthétique réalisé en ERM. Bien que le premier prototype date de mars 1976 et que la production soit annoncée pour 1979, il faudra attendre le 21 janvier 1981 pour voir sortir la première voiture de série. La main d’œuvre est malheureusement inexpérimentée et la qualité déplorable des premières voitures est telle que certaines nécessitent un démontage et un réassemblage aux USA !
VC002328Ce manque de fiabilité, les faiblesses du triste moteur PRV de 136cv, la suppression de certaines avancées technologiques prévues, l’absence d’image de marque et de nationalité nuisent bien évidemment aux ventes. De nombreuses voitures attendent le client et un stock énorme de pièces s’entasse. John DeLorean est accusé de trafic de cocaïne pour financer son entreprise. Il est arrêté de façon très médiatisée en novembre 1982. Blanchi de toutes accusations, il ne sera plus inquiété mais le mal est fait : L’image de la marque s’effondre comme les ventes et le gouvernement britannique coupe ses aides. La DeLorean Motor Company cesse toutes activités fin 1982. Le chiffre de 8.583 exemplaires produits est le plus crédible, à savoir 6.539 voitures en 1981, 1.126 en 1982 et 918 en 1983. De nombreux détails furent modifiés en cours de production et la société Kapac, qui a repris les stocks, assemble quelques millésimes 1983.

10Une nouvelle société DMC, installée à Houston, au Texas, rachète les pièces et les droits en 1998, permettant d’assembler quelques exemplaires et d’assurer la maintenance des voitures en circulation.
John Zachary DeLorean disparaît le 17 mars 2005 à 80 ans, victime d’une congestion cérébrale, laissant derrière lui une voiture qui, si elle n’a pas marqué l’histoire de l’automobile, restera à travers le temps et l’espace, le symbole concret du « retour vers le futur »…

JB

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