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Hep, taxi !

Déposé par dans 24/12/2014 – 15 03 19 121912Pas de commentaire

1Nos pays ont vécu, il y a 100 ans, un des plus grands drames de l’histoire. Un million et demi de soldats français et anglais se sont retrouvés face à un nombre équivalent de soldats allemands. Et cela durera quatre ans, même si tous étaient décidés à en finir rapidement.

Rapidement, c’est ainsi qu’arrivent les uhlans, à la surprise des français. Le 3 septembre, un détachement de cavalerie de la garnison de Paris, en reconnaissance près de Luzarches annonce leur approche par pigeon voyageur. L’état-major français doit rapidement envoyer des troupes au front, mais il s’avère que le réseau ferroviaire est totalement désorganisé.

2Le général Galliéni, gouverneur militaire de Paris, le général Clergerie et André Walewski, fondateur de la « compagnie française des automobiles de place » plus communément appelée « Autoplaces » ou « G7 » ont une idée inédite : transporter les troupes en automobile. Paris dispose de 10.000 taxis, mais plus de 7.000 chauffeurs sont mobilisés. Galliéni réquisitionne 600 véhicules disponibles immédiatement ainsi que quelques autocars pouvant transporter 20 à 30 soldats. Chaque taxi, en majorité des Renault AG1 landaulet, transporte 5 hommes, 2 sur la banquette arrière, 2 sur les strapontins et 1 à côté du chauffeur.

Rassemblés aux Invalides, les taxis partent le 6 septembre au soir pour Gagny, puis après réorganisation, pour Nanteuil-le-Haudouin et Silly-le-Long. Ils roulent de nuit, tous phares éteints, à quelques mètres les uns des autres pour ne pas se perdre de vue. Le 8 au matin, entre 3 et 5.000 fantassins de la 7e division d’infanterie sont à pied d’œuvre au grand étonnement de l’ennemi.

3Certains chauffeurs effectueront plusieurs voyages et évacueront même des blessés. Mais le plus étonnant de l’histoire est qu’à leur retour, ils feront le décompte de leurs kilomètres, qui selon les cas, varie de 120 à 200 kilomètres. L’état devra débourser 70.102 francs, une vraie fortune à l’époque !

Sur le plan militaire, les historiens s’accordent à penser que le nombre de soldats transportés était insuffisant pour changer le cours du combat. Par contre, cette manœuvre « moderne », ressentie comme étant un symbole d’unité nationale a réellement dopé le moral des troupes et celui de la population.

4On retrouve des taxis au musée de l’Armée à Paris, au musée de la Grande Guerre à Meaux, au musée des Automobiles de Reims et même au musée de la guerre dans l’Oregon. Des exemplaires privés sortent parfois, mais leur authenticité est souvent contestable, car le contrat liant Renault à Autoplaces stipulait que les taxis déclassés devaient être déshabillés de leur carrosserie. Ils ont souvent terminé leur carrière en tant que camionnettes bien anonymes…

Les taxis, tout comme les tanks ont prouvé à ceux qui ne voyaient dans l’automobile qu’un jouet de riche, qu’elle pouvait être un moyen de transport efficace, bientôt indispensable…

JB

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