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1904 : Le mot « automobile » entre au dictionnaire. Mot masculin ou féminin ?

Déposé par dans 06/12/2014 – 13 01 49 124912Pas de commentaire

2L’automobiliste moderne ne se pose plus beaucoup de questions, mais au début du 20e siècle, tout ce qui concernait l’automobile faisait débat. Le corps humain supporterait-il des vitesses folles de plus de 100 à l’heure ? Faut-il utiliser un volant ou une manivelle. Faut-il placer cette commande à gauche ou à droite du véhicule ?

Ces polémiques durent souvent très longtemps et peuvent remonter jusqu’aux plus hautes sphères. En 1904, par exemple, alors que des véhicules sans chevaux roulent depuis près de 10 ans, le genre du mot « automobile » fait encore débat ! Les adeptes du mot masculin argumentent que la machine à vapeur a donné la locomotive et qu’en toute logique le véhicule à pétrole doit générer un mot masculin.

1A l’Académie Française, où l’on épluche le dictionnaire mot par mot, on arrive un jour d’août 1903 au mot « automobile ». Que vont décider les Immortels ? Un académicien qui a désiré rester anonyme, a raconté la séance au cours de laquelle il a bien fallu aborder ce mot polémique…

Euh! euh! tant pis, je vais être très indiscret. Il y a quelque temps, à l'Académie, nous achevions la lettre A. L'automobile fit une embardée dans le dictionnaire. C'était un jeudi du mois d'août. De rares confrères, aussi laborieux que Parisiens étaient venus chercher un peu de fraîcheur à l'Institut. Nous n'étions que sept en séance. Le débat n'en fut pas moins animé. On s'était renseigné à l'Automobile Club. Cet organisme tenait pour le masculin. Nous votâmes. Il y eut quatre voix pour le masculin, trois pour le féminin.

tableau de BrouilletLa majorité n'abusa pas de sa victoire. On décréta que ce choix provisoire de l'Académie serait confirmé ou réformé après un plus ample examen, lorsqu'elle donnerait le bon à tirer de la future édition du dictionnaire. J'étais et je reste l'un des trois hérésiarques et je m'insurge contre la discipline, je continue à dire une automobile. Mes raisons de le dire n'ont pas changé, elles sont piteuses, il y a le bon calcul des probabilités qui veut que dans le doute sur le sexe d'un être, on le range au féminin parce qu'il existe sur terre plus de femmes que d'hommes. Il y a enfin la vraie raison, celle qui n'est pas soutenable et qui, neuf fois sur dix, nous décide : ce mot mal fait, comme tous les mots faits de grec et de latin, me chante un peu mieux quand je le mets au féminin ».

Un académicien qui veut rester anonyme

L’Académie Française décida donc de ne pas vraiment décider, et c’est l’usage populaire qui féminisa le mot, même si le Larousse, jusque dans les années ’30, se faisait assez mitigé…

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