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Le coupé Lombardi “Grand Prix” vu par son propriétaire…

Déposé par dans 21/11/2010 – 0 12 55 115511Un commentaire

Le coupé Lombardi "Grand Prix" fit sa première apparition publique lors du salon de Turin 1967. Construit sur la base d'une Fiat 850 Sport, il allait venir grossir les rangs des sportives italiennes élaborées sur cette coque. Une de plus, certes, mais la seule qui sera un jour reprise par le sorcier Abarth pour remplacer, sous le nom de "Scorpione", son modèle OT1300 développé sur une base de 850 Sport.

Point de vue aspect, il faudra déplorer la trop grande garde au sol et la faible voie de la Fiat 850 qui donnent à la voiture une impression d'étroitesse et fait penser à une fausse sportive, une "voiture de femme".

En y regardant de plus près, on se rend compte de la destination sportive de la voiture, une stricte deux places dont l'équipement comprend des sièges baquets, un petit volant gainé de cuir, une console centrale garnie d'un compte-tours et d'un thermomètre. Elle se caractérise par un manque total de confort, point commun de tant de voitures de cette catégorie.

Un mélange savant de pièces en polyester (portes, ailes avant), en aluminium (capots avant et arrière) et en acier, permet à la voiture de ne pas dépasser 630 kilos et au petit moteur Fiat de 903cc de propulser le tout à plus de 160 km/h. Pas mal pour l'époque! Mais c'est à cette vitesse que l'on regrette que les lames transversales du train avant n'aient pas cédé la place à un système plus efficace...

8 centimètres plus basse qu'une Alpine A110, le curieux mélange de sa finesse et de son agressivité sportive plait effectivement aux dames, parfois piégées par l'intimité obligée du minuscule habitacle. L'entrée dans la voiture donne l'impression de tomber littéralement sur le plancher, en se cognant le plus souvent au bord du toit! Pour en sortir, pardon, pour s'en extraire, il faudra faire preuve d'encore plus de souplesse et redoubler de précaution pour la tête.

L'agencement intérieur est très dépouillé, et la position originale des cadrans sur la console centrale est peu pratique à l'usage, seul le compte-tours étant lisible en conduisant. La caisse, mal insonorisée, laisse passer le bruit grisant du moteur poussé à 6500 tours, mais ce chant risque de devenir abrutissant sur de longues distances. En fait, l'aspect attrayant de l'extérieur ne laissait en rien présager un intérieur aussi spartiate!

Les phares escamotables à commande électrique amusent encore beaucoup de monde, mais se dérèglent assez facilement et compliquent les appels de phares. Ils contribuent par contre à la ligne de la voiture et à sa bonne pénétration dans l'air. Rare pour l'époque, le pare-brise n'est balayé que par un seul essuie-glace, d'une action correcte. Le chauffage est pratiquement inexistant, il faudra donc compter avec la buée par temps de pluie.

Au point de vue mécanique, on retiendra que 52cv sont largement suffisants pour mouvoir les 630 kilos de la caisse, et donner à la Lombardi des qualités routières supérieures à celles du coupé 850. Sa maniabilité et sa nervosité seront ses grandes qualités, pas toujours pleinement utilisables à cause d'une mauvaise répartition des masses qui accentue l'effet de sous-virage déjà prononcé chez les voitures de cette conception mécanique. Attention donc à la conduite en grandes courbes, prudence aussi sur les routes bombées. Le train arrière, très efficace, donne une excellente motricité à la voiture, qui sera très difficile à dominer si l'on tente de la pousser dans ses derniers retranchements. Le freinage, quant à lui, s'avère très délicat surtout sur sol gras, où il se laisse trahir par l'adhérence très aléatoire des roues avant.

Ce problème de tenue de route, conjugué aux manques de finition et de confort, aux performances limitées et au prix élevé, eurent une influence directe sur la carrière de la voiture dont environ 1500 exemplaires furent construits entre 1967 et 1972. Le malheur du constructeur fait parfois le bonheur du collectionneur, encore aidé par la rouille et les accidents qui eurent raison de bien des voitures.

Très peu connue, cette voiture d'exception ne laisse personne indifférent, on aime ou on n’aime pas. Si vous aimez, et si l'occasion d'en acquérir une se présente, n'hésitez pas!

P. Collard

Caractéristiques : Idem FIAT 850 Spécial, sauf : Poids à vide: 632 kg, voies: 118,7 cm, longueur: 355,5 cm, largeur: 148,5 cm.

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