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La Renault R8 (1962-1977)

Déposé par dans 06/09/2010 – 23 11 08 09089Un commentaire

Au début des années ’60, Renault, bien que premier producteur et exportateur français, n’a rien de mieux à proposer que la Dauphine à la ligne dépassée et la Floride qui a du mal à se faire une place, ses performances n’étant pas à la hauteur de sa ligne sportive. Alors que les R3 et R4 visent le segment de la 4cv, la marque, pour tirer sa gamme vers le haut, présente un nouveau modèle baptisé « R8 » lors du salon de Genève en mars 1962. Au premier coup d’œil, la R8 se singularise par son capot concave et sa calandre asymétrique, signature manifeste du designer Philippe Charbonneaux. La carrosserie est dans la ligne du temps, les vitres arrière sont coulissantes, le tableau de bord des plus simples, mais le confort des sièges est par contre étonnant.

La R8 reprend la même architecture que la Dauphine, à savoir un 4 cylindres en ligne placé longitudinalement à l’arrière. Pour la première fois, le constructeur reporte le radiateur tout à fait à l’arrière et confie le refroidissement à un circuit scellé. Le moteur baptisé « Sierra » à 5 paliers de 956cc et de 48cv est une bonne surprise, mais le réel progrès est l’adaptation de freins à disques sur les 4 roues, grande première pour une petite voiture de série. La voiture est proposée en boîte 3 vitesses toutes synchronisées, en boîte 4 dont la première n’est pas synchronisée et en version automatique Jaeger, équipée d’un petit clavier à touches au tableau de bord.

La R8 Major, lancée en février 1964, bénéficie du moteur de 1108cc provenant de la Caravelle 1100 et surtout d’une boîte à 4 vitesses toutes synchronisée, palliant ainsi une faiblesse des premiers modèles. Elle bénéficie d’une planche de bord un peu moins triste, reconnaissable au trou qui sert de vide-poches. Cette version sera remplacée durant l’été 1965 par la R10 Major.

La sortie en 1965 de la R8 Gordini, véritable bombe boostée par Amédée Gordini, dit « le sorcier », modifie l’image de la voiture aux yeux du public, pas toujours conscient des différences entre la voiture des exploits sportifs et la leur. La marque profite de cette aubaine pour ajouter un peu de sportivité à sa gamme et axer sa publicité sur une France qui gagne.

En 1968, le moteur de la Renault 8 de base passe de 956 cm³ à 1108 cm³ et l'appellation Major refait surface. Le tableau de bord comporte, comme la Caravelle, des cadrans ronds et un volant à « faux trous ».

Au Salon de Paris, en octobre, sort la R8S, version sportive proposée à un prix plus abordable que la Gordini dont elle bénéficie un peu de l’aura en lui empruntant sa face à 4 phares. Livrée uniquement en jaune, elle est équipée du moteur de 60cv à carburateur double corps de la Caravelle S. Un compte-tours et des jantes plus larges soulignent son aspect sportif.

Durant la carrière de la R8, Renault s’est orienté vers la traction avant avec les R3, R4, R5, R6, R12, R15, R16, R17. Dernier bastion du tout à l’arrière, la R8 quitte les chaînes françaises en 1973. La filiale espagnole Fasa-Renault continuera à la produire jusqu’en 1977 mais le ressort est cassé. Ce modèle au lifting douteux revient même aux freins à tambours à l’arrière !

La Gordini a rivalisé avec les yé-yés sur les posters des chambres d’ados, mais les R8, tous modèles confondus, ont, avec les Simca 1000, les NSU et les Fiat 850, appris à conduire à toute une génération d’acrobates. Elle fait partie de ces « tout à l’arrière » qui permettaient, après avoir lesté le coffre avant d’un sac de sable, déporté les jantes arrière et enfilé des gants à trous, de ressentir les joies (et les paniques !) des plus grands rallymen.

Victime de cette image, beaucoup de voitures ont été « coursifiées » avec plus ou moins de bonheur et il est très difficile de trouver actuellement un exemplaire en état strictement d’origine.

Jacques Bougnet

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Un commentaire »

  • Laurent dit :

    Je trouve ça dommage de ne plus trouver ces voitures maintenant. Elles sont pourtant très jolies et très performantes. Mais il est difficile de garder des voitures à la mode, il y a tant de nouveauté que l’on est parfois dépassé.

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