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Nicolas J. Cugnot (1725-1804) invente l’automobile et l’accident d’automobile

Déposé par dans 19/08/2010 – 20 08 32 08328Un commentaire

Aussi loin que puissent remonter mes souvenirs de gosse, j'ai toujours entendu parler de Cugnot comme étant l'inventeur de l'automobile.

Le prénom de Cugnot? Je n'en savais rien, il est arrivé dans l'histoire avec uniquement son nom de famille...  et son fardier. Qui dit Cugnot dit fardier et qui dit fardier dit Cugnot, comme si on avait inventé le nom pour lui. Et c'est quoi un fardier? Un très gros dictionnaire me renseigne: Fardier -   voiture à roues très basses qui sert au transport de charges très lourdes. Exemple: chariot à vapeur inventé par l'ingénieur Cugnot. Voilà. On y revient. On va tout de même essayer d'en savoir plus...

Nicolas Joseph Cugnot, fils de cultivateurs aisés, est né le 26 février 1725 à Void-Vacon, entre Nancy et Bar-le-Duc, en territoire autrichien.

Je pourrais vous parler de sa grande intelligence et de ses brillantes études à Nancy, à Metz et au collège du Breuil à Commercy, mais il y a trop peu de documents sérieux pour détailler cette époque de sa vie.

A 23 ans, il s'engage dans l'armée (autrichienne, évidemment), pour un terme de 15 ans, au titre d’ingénieur militaire. Il travaille dans le domaine des fortifications et de l’artillerie lourde, ce qui lui laisse le temps de quelques inventions, tel ce fusil spécial pour cavaliers mis au point pour le Maréchal de Saxe et qui équipera un régiment de Uhlans.

Un sujet le passionne, les machines à vapeur. Il a pris connaissance du livre "Theatrum Machinarum" du chercheur allemand Jakob Léopold (1674- 1727)  qui répertorie toutes les machines à vapeur fabriquées jusqu'en 1724. Il quitte l’armée en 1763 pour se consacrer à ses études qui le conduiront à Bruxelles, ville située alors dans les Pays-Bas autrichiens, pour y réunir de la matière pour l’ouvrage qu'il prépare sur les fortifications militaires.

Arrivé à Paris en 1766, il y fait éditer un premier ouvrage: "Eléments de l'art militaire ancien et moderne". Il sera suivi, en 1769 de: " Fortification de campagne théorique et pratique avec observations sur les différents systèmes qui ont paru depuis l'invention de l'artillerie et une nouvelle manière de construire les places". Ses livres lui donnent la notoriété requise pour entreprendre l'étude de son fardier avec l'aide financière de Frédéric-Josias de Saxe, feld-Maréchal d'Autriche. Il apprendra pourtant qu'un ingénieur suisse, du nom de de Plata, est venu proposer un véhicule d'artillerie à vapeur au duc de Choiseul, alors Ministre des Affaires Etrangères. Les deux projets seront comparés, et Jean-Baptiste Vaquette de Gribeauval, inspecteur général de l'artillerie,  donne la priorité aux travaux de Cugnot. Le duc de Choisel proposera que la construction d’un fardier léger soit effectuée « aux frais du Roi ».

Le premier essai de la machine aura lieu le 20 octobre 1769. Chargé de 4 personnes, il aurait roulé (sur quelques mètres) à une vitesse de l'ordre de 3,5 km/h., collectionnant les problèmes techniques.

Un deuxième essai, réalisé fin novembre, semble plus convaincant, comme l'écrit  Bachaumont dans ses "Mémoires secrètes": "La machine pour faire aller un chariot sans chevaux a réitéré dernièrement l'expérience avec plus de succès, mais pas encore avec tout celui qu'il y a lieu de s'en promettre: il est question de la perfectionner. La machine est une machine à feu". La conclusion de Gribeauval fut plus technique: "La grandeur de la chaudière n'étant pas proportionnée à celles des pompes, elle fonctionnait 12 à 15 minutes et il fallait la laisser reposer autant de temps pour que la vapeur de l'eau reprit sa première force..."

Ce fardier N°1 disparut de la circulation (si j'ose dire). Cugnot reçut alors un deuxième subside de 22.000 livres pour étudier un autre véhicule. Il sera réalisé à l'Arsenal de Paris. L’usinage de la mécanique fine sera confié à Brézin, un célèbre mécanicien parisien, les cylindres et pistons venant de Strasbourg où l’ingénieur suisse Matiz a mis au point une nouvelle technique d’alésage où la pièce  tourne autour d’un outil fixe, ce qui rend son centrage plus précis.

La machine sera mise en route le 20 novembre 1770. Les essais seront plus concluants. Bachaumont attestera l'avoir vu tracter, en une heure, sur une longueur de cinq quarts de lieue entre l’Arsenal et Vincennes, une masse de 2447 kg. Pour ce faire, il avait fallu dépenser 22.000 livres…

L'épisode du mur enfoncé permettra à Cugnot d'être non seulement le premier conducteur, mais aussi le premier responsable d'accident. Accident dû au fait que le fardier, très chargé à l'avant, était fort instable dès que l'on braquait la roue, l’absence de route carrossable n’arrangeant pas les choses.

Début 1771, le Duc de Choiseul quittera son poste, et Gribeauval sera lui aussi remplacé. Sans protecteurs, le fardier alla loger dans un hangar de l'Arsenal et Nicolas-Joseph Cugnot retourna à ses études.

En 1779, on lui alloua une pension de 600 livres. 1789: II doit fuir les révolutionnaires et s'installe à Bruxelles. Il y fait la connaissance d'une Bruxelloise qui l'aidera à financer ses études, car il vit dans la misère depuis la suppression de sa pension.

1798: Nicolas Cugnot rentre en France après la Terreur et propose son invention à Napoléon Bonaparte, qui se laisse convaincre et demande à l'Académie des Sciences de faire un essai du fardier. Il sera reporté, puis ajourné, pour cause de campagne d'Egypte. Une rente de 1000 livres sera allouée à Cugnot, âgé de 75 ans, ce qui lui permettra de finir sa vie décemment.

1801. Le fardier, sauvé par Rolland, commissaire général à l'artillerie, entre au Musée des Arts et Métiers, où il est encore exposé.

Le 10 octobre 1804, Nicolas J. Cugnot meurt à Paris à l'âge de 79 ans, sans descendance. Oublié.

Jacques Bougnet

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Un commentaire »

  • benoit dit :

    Made in France ? Non, c’est du belge !

    Yves Vander Cruysen

    Résumé:
    – C’est un Belge qui, un siècle avant Joseph Cugnot et son fardier, mit au
    point la première automobile.
    – C’est aussi un Belge, Étienne Lenoir, qui confectionna le premier moteur.
    – Ce sont des Belges qui réalisèrent la machine de Marly à Versailles, le Pont
    Royal à Paris ou le métro de la capitale française.
    – C’est un audacieux éditeur bruxellois qui publia « Les Misérables » de Victor
    Hugo, une oeuvre jugée impayable par les éditeurs français et démolie avec
    virulence par les critiques de l’époque.
    – C’est encore un Belge, Gérard Blitz, qui fonda le Club Med.
    – Ce sont aussi des Belges qui maîtrisent le marché du Champagne, voire
    des meilleurs Bordeaux.
    Mais la Belgique, c’est aussi la patrie de Soeur Emmanuelle, de Jacques Brel,
    de Jean-Michel Folon, de Georges Simenon, d’Haroun Tazieff, de Marguerite
    Yourcenar, de Raymond Devos, de bien des rois de France ; celle de l’électricité,
    de la peinture à l’huile, de la bande dessinée, des wagons-lits, des
    patins à roulettes, du vrai chocolat, des premiers grands magasins,…

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